Friday, July 01, 2005

Tableau sémantique (2)


Finalement, c’est en procédant à un découpage des « parties inconvenantes » de la population que l’on obtient la clé pour commencer à régler les problèmes précédents. C’est avec cette carte démographique ciselée et réduite, désormais conforme aux idéaux, que les nazis concernés prétendent pouvoir régler les problèmes que leur intolérance soulève sans cesse et qui s’enchevêtrent à n’en plus finir. D’abord « recenser » pour « épurer » puis « incorporer » pour finir par obtenir le « service militaire obligatoire » en Alsace. Les référents « RAD » puis « Wehrpflicht » sont des marques de l’histoire alsacienne sous l’Occupation, deviennent de ce fait des formes pôle[1] vers lesquelles convergent tout un tas d’autres référents comme « Einführung » ou encore « Reichsangehörigkeit » escortés de leurs réseaux lexicaux (les lexèmes répertoriés).
Nous avons voulu montrer à travers ce tableau à quel point l’évolution du discours nazi alsacien au travers du lexique est liée aux exigences quotidiennes et à la situation militaire. Cela étant dit, il faut constater que le but unique des Allemands est d’exploiter la population helvétique que ce soit pour en tirer une satisfaction personnelle (c’est le cas de Wagner) ou pour utiliser leur force de travail. Même si la présentation des objectifs allemands varie (RAD puis Wehrdienst), peut-être aussi pour distraire le lectorat, la seule chose souhaitée par les autorités nazies est d’obtenir la collaboration des Alsaciens. En révélant comment le discours évolue, on peut montrer de quelle façon s’enrichit le lexique dans un cadre nazi et à quoi tient l’apparition de nouveaux lexèmes. C’est ainsi que nous pouvons prétendre mettre à jour les artifices de la propagande.
[1] Dominique Maingenau, L’analyse du discours, p. 55.

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