Le contexte militaire : une occasion pour l’incorporation
En fait, ce sont d’autres facteurs détaillés plus loin qui vont rendre la mise en application de l’ « incorporation » dans l’armée nécessaire aux yeux de tous. L’OKW accepte les « volontaires » dans ses rangs et c’est un nouveau pas franchi. Au début de 1942, on prétend que des centaines d’Alsaciens (Hunderte von Elsässern) sont volontaires (Freiwillige) au front (in der großen Front). Le recrutement de volontaires par la Wehrmacht a commencé.
Seit Beginn des Kampfes im Osten stehen bereits viele Hunderte von Elsässern aus eigenem Entschluß, als Freiwillige, Seite an Seite mit den Männer aller anderen deutschen Gaue in der großen Front gegen den Feind (l. 31 à 36, 21/01/1942, SNN, p. 2, Elsässische Jugend, tritt ein in den Kampf gegen Moskau !)
Penchons nous sur les évènements militaires de cette année là et sur les dispositions prises par les différents dirigeants. La guerre sur le front russe a commencé et les besoins en hommes sont plus pressants. L’attitude de la Wehrmacht change quelque peu dès l’invasion des Balkans puis de l’URSS en juin 1941[1]. D’ailleurs, Goebbels annonce peu de temps après, c’est-à-dire le 11 février à Berlin, l’entrée du Troisième Reich dans une phase de guerre totale. L’Allemagne va essuyer un peu plus tard ses premiers revers sérieux notamment à Stalingrad le 22 novembre 1942. Le Reich va donc tout mettre en œuvre pour que l’effort de guerre soit maximal. Une semaine plus tard, Wagner reprend les thèmes du discours du Ministre de la Propagande cité précédemment en les adaptant à la région dont il a la responsabilité[2]. Il s’agit désormais d’un discours de propagande totalitaire et le ton se durcit[3]. Nous n’aurons pas l’occasion d’estimer de façon significative les nuances entre les fréquences des lexèmes d’une année sur l’autre car, ces derniers sont peu nombreux à l’époque et, de plus, notre corpus est trop restreint pour pouvoir en comptabiliser suffisamment. Pour finir, les campagnes de recrutement de volontaires, assez décevantes, vont encore faire accélérer les prises de décisions. Le recrutement de « volontaires » va s’intensifier davantage en attendant de pouvoir mettre en place, ce que tout le monde souhaite désormais, c’est-à-dire une « incorporation massive » et pour cela « forcée » d’Alsaciens. L’exemple suivant s’appuie sur la possibilité censée être motivante de ressembler aux générations précédentes « Söhne/ Väter » de nationalité allemande, en tachant de se montrer aussi dignes « würdig erweisen » qu’elles, en portant l’uniforme militaire allemand « im feldgrauen Rock ».
Kreisleiter Pg. Sauerhöfer sprach zu den Gestellungspflichtigen - Wehrdienst ist Ehrendienst am Volk
Mit dem Eintritt der jungen Elsässer als vollwertige Deutsche in die deutsche Wehrmacht schließt sich ein großer geschichtlicher Kreis. Das junge Elsaß reicht unsichtbar den Vorfahren die Hand und schlägt für die Zukunft die Brücke zum Reich, auf der das ganze Volk heimkehrt. Der Beitrag des Elsaß in der kämpferischen Gemeinschaft erfolgt um seiner selbst willen und diese Erkenntnis wird tiefste Verpflichtung für die Söhne °sein, sich ihrer Väter im feldgrauen Rock würdig zu erweisen. (04/09/1942, SNN, p. 7, Das junge Elsaß tritt zum Wehrdienst an).
En attendant que ces souhaits se réalisent , le « volontariat » continue à être encouragé de plus belle[4]. La volonté d’ « incorporation » massive se trouve quant à elle confrontée au problème de « nationalité » toujours non résolu, les référents s’interpellant entre eux le long d’une chaîne de pensée. La situation se bloque encore. Comment le problème que soulève la présence du nouveau référent « Staatsangehörigkeit » va t’il se régler ?
[1] Saisons d’Alsace, 1942 l’Incorporation de force, p. 23.
[2] Saisons d’Alsace, 1943 La Guerre Totale, p. 24.
[3] Saisons d’Alsace, 1943 La Guerre Totale, p. 29.
[4] Saisons d’Alsace, 1942 l’Incorporation de force, p. 23.

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